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Regards sur le Kazakhstan

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Page 5: Histoire

Pendant des millénaires, les seules frontières de I'Asie centrale, ensemble géographique immense dont les définitions sont assez récentes et parfois contestables étaient celles de I'horizon des steppes du nord et des hauts sommets du sud. Les terres immenses appartenaient aux nomades.

Les hommes s'installent en Asie Centrale depuis le Paléolithique supérieur (40 000 a 9 000 ans avant J.C.) sans former durant des millénaires un ensemble politique homogène. Ils dépendent beaucoup des aléas climatiques et des guerres.

Souvent les lieux des conquêtes qui n'étaient pas leurs terres natales furent choisis pour la sédentarisation.

Les premières pages de I'histoire antique des Kazakhs nous renvoient aux IIIè et IIè millénaires avant J.C. C'etait l'époque de la grande expansion sur ce territoire des tribus des Aryens. Leur langue avait son ascendance dans la famille indo-européenne, groupe indo-iranien. Leur religion était celle de Zoroastre.

Au premier millénaire avant J.C. les tribus se différencient selon leurs occupations: les nomades belliqueux sur une grande partie du Kazakhstan actuel, et les nomades sédentarisés dans le sud. Ces derniers occupaient les terres fertiles au pied de I'Alataou Transilien. Des vestiges en témoignent: haches de guerre de type spécial, qui servaient aussi a travailler le bois, faucilles en bronze faites avec art, couteaux, alènes, pointes de lance.

De nombreux siècles durant, la vie de nombreuses générations se passait dans d'éternelles pérégrinations à travers la steppe, à la recherche d'une terre heureuse et riche.

Le calme de ces immensités n'a été troublé que par le galop des troupeaux de chevaux à moitie sauvages et par le son des clochettes pendues au cou des moutons broutant paresseusement.

Il arrivait souvent que la terre tremblait sous les sabots des hordes des ennemis.

Mais une fois ces cavaliers passés, une fois les chariots chargés de butin disparus, la chanson d' un berger solitaire retentissait dans le silence de la steppe.

Le mot "kazakh" est apparu pour la première fois en 1245 dans un dictionnaire turco-arabe. II signifie "homme libre", "vagabond", "exilé". L'origine de ce mot est sociale, sans appartenance ethnique. Le "Kazakh", c'était quelqu'un de libre qui a quitte son peuple au profit de la liberté. C'etait aussi un groupe de nomades refusant de reconnaître tel ou tel état et menant la guerre contre celui-ci.

L'histoire de la terre kazakhe, c'est une longue chaîne de naissances et de ruines de riches villes et de monuments du passe. Sur le territoire du Kazakhstan, comme dans un kaléidoscope, apparurent et disparurent de nombreuses peuplades et plusieurs états. Les armées des conquérants, pareilles aux vagues de I'océan, inondèrent cette vaste arène, roulant tantôt de l'est a I'ouest, tantôt de l'ouest a I'est; et, derrière elles, ne restaient que la mort et la ruine, I'immensité des sables nus et brûlés.

C'est ici que passait la grande "Route de la Soie" des Indes et de la Chine en Moyenne Asie et en Europe. Paradoxalement, cet ensemble d'anciennes routes qui reliait I'Europe a la Chine et aux Indes durant deux millénaires, et qui fonctionnait selon le principe des vases communicants en enrichissant les civilisations et les cultures différentes, cette route de la soie n'a été appelée ainsi qu'au XIXe siècle par le géologue et explorateur allemand Ferdinand Richthofen.

En réalité la Route de la Soie, c'était un réseau de multiples routes praticables en fonction de la situation politique et des conditions climatiques. Les ornières étaient assez larges et laissaient circuler en même temps six, huit ou douze chameaux. Parfois, les caravanes comptaient plus de trois milles bêtes de somme. Sur le chemin caravanier, il existait plusieurs caravansérails ou on pouvait se reposer et échanger des bêtes al tout moment de l'année. C'est autour des caravansérails que se fondèrent les premières villes.

Au milieu d'une steppe, très unie s'élève une haute colline. Est-ce la trace de la lointaine période glaciaire ou un tertre funéraire, ou encore une ancienne ville enterrée ?

La tradition orale raconte encore aujourd'hui qu'au temps jadis, ces lieux étaient si peuplés qu' "un chat pouvait passer de Turkestan à Khiva en sautant d'un toit à l'autre! "

II est difficile de reconstituer d' après les vestiges des anciens bourgs l 'histoire de l'épanouissement et de la ruine des grandes villes. Partout dans la steppe kazakhe, les mystères indéchiffrés du passe nous entourent.

L'un d'eux est le tumulus d' Issik, dans les environs d'Almaty, ou a été trouve en 1970 " l ' Homme d Or" . L ensemble des armes, d'objets rituels, et surtout le casque haut orné de figurines d animaux de ce jeune Hun ont été fabriqués selon les traditions zoroastriennes, et date du IV e siècle avant J.C.

Le cheval était le premier parmi les animaux domestiques des kazakhs, c'était un médiateur entre deux mondes (la vie et la mort).

Le jour de I'enterrement, au 40ème jour après le décès et un an plus tard, les nomades organisaient des courses de chevaux pas très loin du lieu d'enterrement. Le vainqueur arrachait et jetait dans le feu un drapeau de deuil.

Depuis le IIe siècle avant J.C. était connue la ville d'Otrar, la patrie du grand savant et philosophe Al-Farabi (870-950). Commentateur d'Aristote, il eut pour disciple Avicenne. Otrar, la ville mythique, fut dévastée par les armées de Gengis-Khan en 1218. Restaurée en 1405, elle devint célèbre par la vie et la mort du grand Timour, Tamerlan.


Les invasions de différents peuples ruinaient sans cesse la ville et, au XVllle siècle, elle fut définitivement abandonnée. Aujourd'hui, à la place de la ville en pleine steppe sans eau, se dresse une colline de 17 mètres. Sur ses pentes, on retrouve quelques débris de céramique et des dalles brisées, tristes témoins du passé.

Les archéologues trouvent beaucoup de monuments de l'antiquité sur le territoire de Djambyl. La ville de Djambyl s'appelait autrefois Taraz, et elle date du Ve siècle. Elle était surtout connue pour son marche, le Bazar, le plus grand de la région. Miroir du monde, le marche de Taraz était un endroit où se croisaient les marchands et les marchandises en provenance de Flandre, des Indes, de Russie et de Perse, des Apennins et de Chine. On y extrayait des minerais; on savait fondre les métaux et frapper des monnaies d'or, d'argent et de cuivre.

A 12 km de Djambyl, on a retrouvé le monument funéraire Aïcha-Bibi (Xlle). Son portail est en terre cuite. Les ornements qu'on y trouve sont encore utilisés aujourd'hui dans l'artisanat kazakh.

Mais !e plus imposant des monuments de l'antiquité, c'est I'ensemble Ahmad Yassavi a Turkestan. Cette édifice mesure 63000 mètres cubes et 38 mètres de hauteur. I1 fut ordonne par Timour en 1397 comme un complexe comprenant une mosquée, un mausolée, un palais et une bibliothèque.

Ahmad Yassavi incarne un islam accommodant, empreint de pratiques pré-islamiques (chamanisme, bouddhisme) et issu de l'univers des nomades. Pendant des siècles, le monument fut un lieu de pèlerinage des Musulmans de toute I'Asie centrale. De nos jours, il a été restauré et conservé par 1'Etat.

Au XIIIè les Kazakhs ont connu l'invasion des hordes mongoles et tatares. Comme toute l'Asie centrale, leur territoire fut incorporé dans l'énorme empire mongol connue comme Horde d'Or.

Dans la seconde moitie du XVe siècle, les premiers khanats (Etats) kazakhs se formèrent, mais durant longtemps encore le Kazakhstan ne constitua pas une entité politique.


1509-1518, Kassim-Khan achève l'unification des Kazakhs.

Les khanats se livraient sans cesse des guerres s'accompagnant du pillage de la population. Les querelles intestines et le séparatisme féodal freinaient le développement de l'économie et de la culture et affaiblissaient sensiblement la capacité de défense des états kazakhs.

Au XVlle, le peuple kazakh mena une lutte héroïque contre les Djoungars (nord-ouest de la Chine actuelle) qui, pour obtenir de gros impôts, exterminaient sans pitié tous ceux qui leur résistaient.

1700, premiers traités entre Russes et Kazakhs. En 1731 , la majorité des chefs des tribus se prononcent pour la citoyenneté russe.

Les Kalmouks de la Volga et les khanats de Khiva, Boukhara et Kokand faisaient eux aussi des irruptions incessantes. En se retrouvant pratiquement au seuil d'une extermination physique, les Kazakhs se tournèrent vers le voisin russe.

Au XVllle, Abilaï-Khan (1711-1781) a joué un rôle important dans l'histoire des Kazakhs. II a fortifié son état vis-à-vis de la Russie et de la Chine.

Les nomades étaient parvenus a s'organiser en trois confédérations appelées "hordes" ou "jouz" en kazakh, c'est-à-dire "centaine" . Le territoire de la grande horde correspondait au Sémiretchié (100 000 yourtes) ; celui de la Moyenne Horde au Kazakhstan Central (400 000 yourtes) et celui de la Petite Horde au Nord et Nord-Ouest du Kazakhstan (800 000 yourtes). Chaque yourte regroupait en moyenne quatre a six personnes.

On peut noter que cette répartition géographique correspond grosso modo aux grandes zones ou il était possible de trouver des pâturages d'été et d' hiver : piémonts des Tian-Chan, bassins des grands fleuves du Nord Est (Irtych, Ichim..) et bassin de la Caspienne.

Les descendants des hordes sont encore repérables dans le Kazakhstan actuel.

1853, création du Turkestan (état) russe. Les Européens, Russes, Ukrainiens, . Allemands de la Volga s'y sont installés après la conquête tsariste, surtout après l'abolition du servage en 1861. Ils sont venus en si grand nombre qu'ils paraissaient menacer jusqu'a l'existence des autochtones.

1895, révolte du Turkestan.

Début du XXe, installation de nombreux Slaves au nord du Kazakhstan.

1917. Grande révolution d'octobre.

1920. Formation de la République socialiste soviétique autonome de Kazakhie au sein de la Fédération de Russie.

1936. Transformation en R.S.S. du Kazakhstan au sein de I'URSS.

1991. Indépendance de l' Etat Kazakh.

Aujourd'hui le flux migratoire s'inverse: Russes, Allemands, Juifs partent pour s'installer dans les terres de leurs ancêtres. Certains Kazakhs de Chine et de Mongolie retournent s'installer au Kazakhstan.

 

 

 

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